Votre enfant est harcelé ou vous avez un doute. Vous pensez savoir comment réagir.
STOP!
Vous faites probablement fausse route. Prenez le temps de lire cette page et découvrez comment détecter le harcèlement et surtout comment le stopper.

Cependant si vous sentez que sa vie est en danger, retirez-le tout de suite à l’école, demandez à votre médecin un arrêt pour qu’il n’aille pas à l’école pour 1-2 semaine. Heureusement ce genre de cas reste rare.

Le profil type du harceleur.

Concrètement, il n’y a pas de profil type. Il n’y a pas forcément de rapport de force (physique) entre le harceleur et le harcelé. Le harceleur peut tout à fait faire une tête de moins que votre enfant et pourtant lui pourrir la vie. Le harcèlement se fait le plus souvent par les mots. Les mots sont puissants outils surtout dans la période de l’enfance où il cherche à se construire.

Souvent l’harceleur est un enfant à la base plutôt tranquille mais qui rentre un peu malgré lui dans un cercle vicieux et ne se rend pas forcément compte qu’il peut faire du mal. Ensuite il prend du plaisir à avoir de plus en plus de pouvoir sur sa victime. Une fois adulte, en général, il prend un fonctionnement normal et ne deviendra pas forcément un pervers narcissique. Le harcèlement en particulier au collège est lié à une période de construction de soit. 

Si votre enfant est le harceleur, comprenez qu’il n’a pas forcément conscience que ce qu’il fait est mal. Par conséquent, expliquez lui et si ça ne rentre pas, jouez le rôle de harceleur juste pendant un weekend. En général, ça suffit pour le remettre dans le droit chemin. Une fois que c’est bien ancré, s’il ne le fait pas de lui-même, demandez lui d’aller s’excuser auprès de l’enfant(s) qu’il a harcelé.

Le profil type du harcelé.

On pourrait croire que le profil type du harcelé, c’est le moche, petit, gros, maigrichon, roux. Vrai et faux, certes ce sont des profils facilement attaquables mais en général ils savent bien se défendre. Donc si vous trouvez que votre enfant est « normal », dîtes vous que c’est malgré tout une cible potentiel pour un harceleur.

Comment commence le harcèlement ?

Le plus souvent, le harcèlement est un système qui se met en place entre deux élèves qui commencent souvent petit et qui devient de plus en plus grand. En général ça commence par des petites choses comme un surnom, des moqueries. C’est lorsque le harcelé se laisse faire ou montre qu’il a peur que le système de harcèlement se lance. Plus la confiance va s’effondrer, plus le harceleur va augmenter en puissance.

Une fois que le harceleur se rend compte qu’il a l’ascendant sur le harcelé et bien il va continuer sans cesse comme dans un cercle vicieux. Après les surnoms, les moqueries, il est courant que ça s’aggrave : raquette, violences physiques, esclavagismes…

Comment détecter si votre enfant est harcelé ?

Il n’est pas forcément facile de savoir que votre enfant est harcelé car souvent il a honte de ça. Par conséquent il n’en parle pas et tente souvent de bien le cacher.

Ici je vais donner des signes auxquels il faut prêter attention. Attention, ce n’est pas parce qu’il y a un de ces signes qu’il y a forcément harcèlement. Ce peut être aussi lié à d’autres problèmes qu’il sera tout aussi intéressant de vérifier.

D’abord voilà les signes où il faut particulièrement faire attention et qui nécessite l’intervention d’un professionnel : 

  • Les scarifications.
  • L’anorexie.
  • La boulimie.

Ensuite, il y a les autres signes qu’il ne faut pas négliger ! 

  • Le sommeil qui change (difficulté à s’endormir, cauchemars, du mal à se réveiller…).
  • Le mal de tête et/ou mal de ventre en particulier le lundi matin, le dimanche soir, au retour de vacances (bref avant le retour à l’école).
  • La présence d’exéma qui est très souvent un signe de stress. D’ailleurs mes clients qui ont de l’exéma le perde quasi systématiquement après une thérapie chez moi.
  • L’augmentation des crises d’asthme.
  • L’apparition des traces de coups (bleus). 
  • Les crises d’angoisse, les pleurs qui peuvent apparaître sans raison.
  • Les changements de comportement un enfant turbulant qui devient très calme et vis versa.
  • La chute rapide des résultats scolaires et rarement inversement. Les situations de stress créent souvent des blocages de l’apprentissage.
  • L’enfant qui fait tout pour arriver en retard à l’école (en retard au bus, met très longtemps à se préparer, cache les clés de la voiture…).
  • L’enfant demande à ne plus aller à la cantine (parce-que la bouffe est dégelasse) et / ou en sport (c’est nul ce qu’on fait).

Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire ?

Vous allez voir que bizarrement, naturellement on a tendance à faire tout ce qu’il ne faut pas. Voilà ce qu’il ne faut PAS faire et pourquoi : 

  • Aller à l’école pour demander au directeur d’intervenir. Mauvaise idée si le directeur / personnels n’ont pas appris à réagir face à ce genre de situations en général la situation s’empire.
  • Le changer d’école n’est pas forcément la bonne solution à court terme. Car la peur du harcèlement est gravée dans sa mémoire. Résultat dans l’école suivante, il va arriver dans un statut d’harcelé et le phénomène va probablement se reproduire. Il est donc important qu’il reprenne une totale confiance en lui avant d’aller dans une autre école si besoin. Avant de le faire, demandez à votre enfant, s’il aimerait changer d’école. Souvent il ne veut pas changer.
  • Dire à votre enfant « Il faut te défendre ». En général votre enfant l’a probablement tenté donc si vous lui dites de le faire alors qu’il l’a déjà tenté, c’est le mettre face à son échec. Donc lui dire de le faire, c’est l’accablé sur son incapacité à se défendre. Par contre vous pouvez lui dire, « si tu es attaqué, tu peux te défendre », vous pouvez même faire des jeux de bagarres (mode tranquille) pour que votre enfant se rende compte qu’il sait se battre si besoin.
  • Ne pas aller voir tout de suite l’harceleur. Ca peut sembler la solution la plus logique mais c’est très rarement efficace. Ca a même très souvent tendance à empirer la situation « tu n’es même pas capable de te défendre tout seul, t’es vraiment qu’une merde… ». Il arrive aussi que les parents de l’enfant harceleur portent plainte.
  • Ne portez pas plainte mais plutôt une main courante pour garder une trace officielle qui pourra servir plus tard si vous arrivez jusqu’à l’action de porter plainte. En moyenne il faut 3 à 4 mois avant que l’enfant soit écouté par le pédopsychiatre de la police ou de la gendarmerie suite à votre dépôt de plainte. Pour information, si aucune preuve est disponible (et c’est souvent le cas) le dossier sera classé sans suite. Porter plainte est à faire uniquement qu’en dernier recours car c’est tout simplement la solution la plus extrême qu’il soit. 
  • Dire à votre enfant « Il n’y a pas de fumée sans feu donc tu y es probablement pour quelque-chose dans cette histoire ». Votre enfant est déjà en souffrance, là, vous ne faites que l’enfoncer encore plus. Attention au risque de mutisme.
  • Dire à votre enfant « Pourquoi tu ne nous as rien dit plus tôt ». C’est déjà dur pour lui d’en parler. C’est le moyen qu’il se taise à jamais.
  • Mettre le harceleur et le harcelé l’un en face de l’autre. En général l’harceleur va tout faire pour réduire l’impact de ses actes (« c’est juste une blague », « on jouait c’est tout »…). Et il va souvent demander l’aval à votre enfant (« Hein, t’es d’accord avec moi c’était juste un jeu. N’est-ce pas ? »…)  qui va acquiescer ce que dira son harceleur. Il ne faut pas oublier qu’il y a une notion de dominant / dominé dans la relation harceleur / harcelé donc la réaction de votre enfant est normale. Souvent après ce genre la suite est souvent pire. 

Comment réagir ?

Prenez votre temps avant de réagir car vous allez réagir sous le coup de la colère.

Le plus important c’est couper sa honte puis sa peur.

Là on attaque le vif du sujet qui permet de résoudre 95% de cas de harcèlement si les techniques sont bien réalisées. Pour réagir, il est très important de se sentir capable de pouvoir mettre de côté sa colère, son attache parental. 

Pourquoi ? L’affect rend régulièrement totalement irrationnel nos décisions, nos paroles.

Par conséquent, si vous ne vous sentez pas capable de prendre ce recul je vous invite fortement à venir me voir pour que je vous accompagne, vous et votre enfant. Si vous vous loupez, il est fort probable que votre enfant devienne mutique sur le harcèlement et autres sujets futurs. Ensuite il sera très très compliqué de résoudre le problème y compris pour un professionnel.

Réussir à faire parler son enfant : stopper sa honte.

Pour que votre enfant ose en parler, il y a un point très important qu’il faut comprendre : votre enfant finit par être convaincu que le problème vient de lui et il a souvent peur, peur de l’harceleur, peur de vous qui risquez d’intervenir auprès de l’école. Par conséquent il faut que vous passiez le message que vous êtes prêt à écouter tout ce qu’il a dire et que vous allez le soutenir pour sortir de cette mauvaise passe et que vous ne ferez rien sans son accord. Il faut qu’il ait parfaitement confiance en vous, vis-à-vis de ce cas particulier. Voilà quelques phrases types pour ouvrir le dialogue :

  • Je trouve que tu dors mal en ce moment. Est-ce que tu sais pourquoi ? 
  • Tu es en colère un peu plus souvent. Est-ce que tu sais pourquoi ?
  • J’ai vu une émission sur le harcèlement à l’école. Tu sais ce que c’est ? Est-ce que tu as déjà vu des copains se faire harceler ? Et toi, est-ce que ça t’est arrivé d’être harcelé ?
  • Depuis un moment, j’ai l’impression que tu ne vas pas bien, tu parles moins, tu es moins joyeux. Ca m’inquiète beaucoup parce-ce que je m’imagine beaucoup de choses car je crains le pire. Ca m’aiderait beaucoup que tu me dises ce qui se passe. Je suis près à tout entendre. Je suis et serai toujours fière de toi et tu as toute ma confiance.
  • Si tu ne me parles pas c’est sans doute parce-que j’ai déjà dit ou fait des choses qui aggravent la situation. Dis moi si j’ai déjà fait quelque-chose qui ne va pas. Dis moi ce que j’ai fait, je ne le produirai pas. Et je suis prêt à aider à réparer ma bêtise en faisant les choses à ta façon.
Pendant qu’il parle, laissez le parler, ne pleurer pas, ne critiquez pas ce qu’il dit. Il est très important que vous soyez le plus empathique possible : « Racontes moi, je suis prêt à tout écouter », « Racontes moi ce qui s’est passé la dernière fois », « Comment tu as réagi à ce moment et lui comment il a réagi. »

Validez toutes ses décisions, tous ses réactions en disant tout simplement vous auriez probablement réagi comme lui à son âge : « Je comprend complètement que tu aies réagit comme ça, j’en aurais fait autant s’il me serait arrivé la même chose ». Montrez qu’il a bien analysé la situation et que ses réactions ont été normales. Valorisez ce qu’il a fait : « Tu fais preuve d’un grand courage, d’aller à l’école dans ces conditions là. Je ne suis pas sûr que j’aurais été capable d’en faire autant à ton âge. Je suis fière de toi. »

En faisant ainsi sa honte va s’estomper car vous montrez que vous êtes d’accord avec ses choix et que vous n’auriez probablement pas fait mieux.

Une fois cette honte passée, il faut passer aux peurs.

Cesser les peurs.

Après la honte ce qui bloque votre enfant pour avancer c’est tout simplement ses peurs et en particulier la peur de la réaction de l’harceleur et la peur de votre réaction.

Vous allez tout simplement lui demander ce qu’il voudrait faire pour résoudre le problème. Et lui demandez s’il a besoin de vous et comment. C’est-à-dire que s’il vous demande d’intervenir auprès de la maîtresse par exemple ; validez avec lui ce que vous allez dire et à quel moment. De cette façon il n’aura plus peur de votre réaction vu que vous l’avez validé ensemble.

Ensuite, vous allez lui proposer de faire un jeu de joute verbal Faites-lui imaginer ce que son harceleur pourrait dire et lui qu’est-ce qu’il pourrait répondre. Dans votre rôle d’harceleur, n’hésitez pas à aller plus loin que votre enfant ne l’imagine. De cette façon votre enfant sera prêt à tout et aura déjà moins peur. 

Arrive le dernier exercice et c’est le plus compliqué pour les parents. Demandez à votre enfant : « De quoi tu as peurs maintenant ? ».  Valider chacune de ses peurs (par exemple : « j’ai peur qu’il se moque encore plus de moi ») et demandez qu’est-ce qui arrive si ça se produit. « Qu’est-ce qui pourrait arriver de pire, et encore plus pire et encore plus pire ? ». Ne pas dire : « Non, ça, ça n’arrivera pas », validez toutes ses peurs y compris les plus sordides comme son suicide par exemple. A la fin faites juste remarquer que les moqueries finalement c’est rien du tout comparé au suicide. A ce moment les peurs vont s’estomper tout simplement parce-que le fait d’imaginer le pire, fait que la peur(s) de base se calme. 

Et après ?

Après ces exercices, votre enfant aura retrouvé sa confiance en lui. Par conséquent, il ne se sentira plus victime et ça le harceleur va vite s’en rendre compte. De ce fait, l’harcèlement s’arrête souvent très rapidement et pour toujours.

En quoi je peux vous aider.

Les outils que je vous ai donné ici sont des solutions simples (sous réserve de pouvoir prendre du recul) qui en général suffisent. En tant que professionnel, j’ai d’autres outils beaucoup plus puissants pour aider votre enfant à résoudre ce genre de problème et bien d’autres encore.

Pour prendre rendez-vous c’est très simple, appelez moi au 06 95 05 51 16.